03-11-2008

DAPTA - dépôt de bilan

Le 03 novembre 2008

Communiqué d’André CHASSAIGNE sur la situation de DAPTA-Technologies

L’annonce d’un nouveau dépôt de bilan de DAPTA est un coup d’une extrême gravité pour l’entreprise thiernoise et ses 240 salariés. Une nouvelle fois, se pose la question du devenir de cette unité industrielle de décolletage qui est un pilier du bassin économique thiernois.

Malheureusement, cette situation est aujourd’hui aggravée par la crise financière qui amplifie les difficultés économiques des entreprises les plus fragilisées, notamment les sous-traitants de l’industrie automobile.

Depuis plusieurs mois, diverses actions ont pourtant été mises en œuvre pour éviter le pire à DAPTA-Technologies avec l’entrée au capital de deux industriels locaux et des salariés, ainsi que l’apport décisif d’aides financières importantes du Conseil général du Puy-de-Dôme et du Conseil régional d’Auvergne.

Il faut saluer le volontarisme et le souci de l’emploi local des différents partenaires, nouveaux actionnaires et collectivités locales. Dans un courrier en date du 7 février 2008, j’avais fait part à Mme Lagarde, Ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi, de la situation préoccupante de l’entreprise. Elle m’avait répondu le 10 mai 2008, en me garantissant l’implication de l’Etat : « Mes services accompagnent la direction de l’entreprise DAPTA-Technologies dans cette mise en place de solutions industrielles et financières visant à un retour rapide à l’équilibre et in fine à un redressement durable de DAPTA-Technologies. Je continuerai de suivre avec une grande attention la situation de cette entreprise ».

Quant au repreneur, le groupe allemand LEIPOLD, il faut bien se poser la question de la concrétisation des engagements qu’il avait pris : a-t-il respecté le plan de reprise qui avait conduit le tribunal de commerce à privilégier son offre le 10 octobre 2006 à la suite du dépôt de bilan du 2 février 2006 (apport en capital, transfert d’activité du site allemand, investissements…) ?

La transparence est une exigence pour toute reprise d’entreprise. Elle s’impose d’autant plus quand des fonds publics ont été apportés. Et encore davantage quand l’Etat est parti prenante : le CIRI (Comité Interministériel de Restructuration Industrielle) accompagne en effet depuis plusieurs années l’entreprise DAPTA dans ses difficultés.

Aujourd’hui, 240 emplois sont menacés et il faut faire toute la lumière sur les causes réelles du dépôt de bilan. L’affirmation que le secteur économique doit se réguler par lui-même avec le culte du secret n’est pas de mise. Aussi est-il indispensable que soient évalués l’insuffisance des apports financiers et l’échec du projet industriel de reprise avant la mise en œuvre d’une solution durable qui doit se construire en associant largement toutes les parties, notamment les salariés.

Pour apporter une réponse rapide et appropriée, les décideurs peuvent désormais faire appel au Fonds National de Rentabilisation des Territoires, porté par la Caisse des Dépôts et de Consignation. Annoncé à grand renfort de publicité par la Président de la République, cet outil de gestion est aujourd’hui opérationnel. Il peut être mobilisé pour les entreprises de moins de 1 000 salariés en redressement ou liquidation judiciaire.

Il revient à l’Etat d’assumer ses responsabilités en étudiant et proposant toutes les dispositions législatives et réglementaires relatives à la sauvegarde et au traitement des entreprises en difficultés.

Pour ma part, je reste bien évidemment disponible pour apporter mon aide à la recherche d’une solution permettant de sortir au mieux de cette nouvelle tragédie.

(voir aussi : la rubrique DAPTA)

Pour en savoir plus : André Chassaigne

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