04-08-2009

Remboursement des aides versées aux producteurs

Communiqué de presse du 4 août 2009

Le ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, Monsieur Bruno LE MAIRE, a fait part lundi 3 août 2009 de son intention de

procéder au recouvrement des 500 millions d’euros

d’aides accordées aux producteurs de fruits et légumes français sur la période 1992-2002 au titre des « plans de campagne ».

Cette annonce fait suite à l’injonction faite à la France, à travers la décision de la Commission du 28 janvier 2008, de rembourser les aides d’Etat aux producteurs de ce secteur jugées « incompatibles avec le marché commun » et le droit communautaire.

La profession agricole est aujourd’hui unanime pour dénoncer l’attitude provocatrice de la Commission européenne et du ministre de l’Agriculture alors que la filière connaît une crise majeure avec des prix d’achat aux producteurs inférieurs de 30 % à 40 % à la moyenne hebdomadaire des cinq dernières années, alors que les revenus des producteurs sont en chute libre. Nul doute qu’ils sauront faire preuve de résistance face à toute tentative de passage en force.

Cette annonce est aussi le signe inquiétant du refus du ministre de s’opposer par les actes aux dogmes néolibéraux de la Commission qui conduisent le monde agricole dans l’impasse. Faut-il rappeler que le nombre d’exploitations agricoles de la filière fruits et légumes française a été divisé par trois depuis les années 1980, et que cette érosion se poursuit au fil des renoncements à toute gestion publique cohérente de l’offre et des prix à l’échelle communautaire ?

En cédant précipitamment aux vœux des plus farouches opposants au sein de la Commission à toute politique publique agricole, le ministre prend sciemment le risque de condamner le travail et les efforts de tous les producteurs de la filière française. Est-ce en déposant docilement l’arme aux pieds que le gouvernement entend lutter contre le véritable dumping social, environnemental et sanitaire auxquels sont soumis depuis des années les exploitants agricoles avec l’accroissement des importations en provenance des pays tiers ? Est-ce ainsi qu’il conçoit sa promotion de l’agriculture durable du XXIe siècle ?

Comme pour la filière laitière, le « courage politique » exige une toute autre orientation que celle prônée par les chantres de la concurrence libre et non faussée, une politique qui replace la question des prix, des revenus agricoles et de la gestion publique des productions au cœur de la politique agricole commune.

André Chassaigne

Pour en savoir plus : Julien

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