28-10-2009

Sarkozy sur l’agriculture : un discours « rechapé »

Communiqué de presse d’André Chassaigne du 27 octobre 2009

Un discours qui sent le « rechapé », sans garantie pour le revenu des agriculteurs !

Nicolas Sarkozy s’est livré en début d’après-midi a un nouvel exercice de style sur la politique agricole, qui pourrait se résumer à la formule : « compassion, incantation, et inaction ».

En enfonçant des portes ouvertes, il a surtout cherché à éviter toute remise en cause de son action, qui porte une lourde responsabilité dans la situation actuelle : au niveau national, avec l’adoption successive des lois de développement de la concurrence au service du consommateur (loi Chatel 2007) et de modernisation de l’économie (loi Lagarde 2008) ; au niveau européen, avec la suppression des outils de régulation des marchés agricoles européens, consécutive à l’adoption sous présidence française de l’Union Européenne du « bilan de santé » de la PAC.

Son discours sent le « rechapé », se bornant à un diagnostic « copié-collé » de son discours du SPACE à Rennes en 2007, agrémenté de quelques chiffres brandis comme des vérités révélées, et à la justification laborieuse d’une « contractualisation équitable ». Quant aux propositions concrètes pour intervenir sur les causes profondes de la situation, elles sont tout simplement absentes de son texte.

Ses seules décisions : un plan d’urgence de 650 millions d’euros, qui est une goutte d’eau au regard de l’ampleur des dégâts ; un milliard d’euros de prêts bonifiés qui ne conforteront les agriculteurs que dans leur endettement. La grande distribution et l’industrie agroalimentaire peuvent en revanche sortir pleinement satisfaits de son intervention, qui les dédouane de toute responsabilité. Ils n’auront pas à mettre la main à la poche, alors qu’ils continuent de « vampiriser » les revenus des agriculteurs ! Quant au secteur bancaire, il est exonéré de tout effort, l’Etat se chargeant de financer les bonifications d’intérêt.

Pour sortir l’agriculture française de cette crise « de revenus », de véritables solutions étaient pourtant à la disposition de Nicolas Sarkozy, notamment la mise en œuvre d’un coefficient multiplicateur, la définition de prix minimums indicatifs, la mise en place d’une conférence annuelle par production associant l’ensemble du monde agricole, et donnant lieu à négociation sur les prix. Face à la politique « rideau de fumée » du Chef de l’Etat, les députés communistes, républicains, et du Parti de Gauche mettront à la disposition de la représentation nationale et du monde agricole des propositions concrètes, le 3 décembre prochain, dans le cadre de l’examen à l’Assemblée Nationale de notre « proposition de loi sur le droit au revenu des agriculteurs » que j’ai déposée le 21 octobre 2009, et qui est consultable sur www.andrechassaigne.org

Pour en savoir plus : Julien

Imprimer