27-06-2005

Situation de l’entreprise COUZON et de sa filiale DUROL INDUSTRIES.


Monsieur le Préfet,

J’ai l’honneur d’attire votre attention sur la situation particulièrement alarmante de l’entreprises COUZON et de sa filiale DUROL INDUSTRIES, qui ont pour activité la fabrication et la commercialisation d’articles de coutellerie et arts de la table.
Après des mesures successives de restructuration et des centaines de suppressions d’emplois, ces deux sociétés n’emploient plus que 233 salariés dont 96 en production, répartis sur les deux sites de Courpière et Thiers.
A la suite d’une délocalisation importante de la production en Chine, un tiers seulement des articles sont aujourd’hui réalisés en France.

A l’issue de l’exercice 2004, il apparaît cependant que le chiffre d’affaire est en baisse nette. Les raisons en sont multiples : baisse des prix liée à la concurrence accrue des produits importés, baisse du dollar, disparition progressive des listes de mariage, insuffisance de référencements innovants face à l’évolution du marché…
De plus, des clients importants rejettent en nombre des produits importés qui ne répondent pas aux exigences de qualité, notamment en ce qui concerne la teneur en chrome du métal et les risques de corrosion.
Cette situation est d’autant plus inquiétante que plusieurs questions se posent :

  • La SA Couzon a obtenu début 2005 du Trésor Public un plan de règlement de plusieurs échéances de la TVA sous la condition que se concrétisent les négociations en cours avec le groupe américano-chinois JAMES HAN INTERNATIONAL. Ainsi, par cette disposition, l’Etat prescrit une cession de l’entreprise et encourage de fait la délocalisation totale de la production.
  • En effet, l’entreprise a été récemment inspectée par des personnes extérieures qui ont procédé à l’étude des process de fabrication et évalué les conditions de déménagement des machines et outillage : croquis d’installation, photographies, estimation des volumes et des poids…
    Sans aucun doute, l’objectif est bien de vider les ateliers de leurs outils de production : vous comprendrez dans ces conditions que les exigences de l’Etat apparaissent comme un encouragement difficilement acceptable…
  • D’autre part, le laxisme des administrations chargées de lutter contre la fraude et de contrôler la circulation des marchandises est particulièrement inquiétant. Ainsi, ces dernières semaines, les services de répression des fraudes et les douanes ont refusé d’intervenir alors qu’ils ont été informés de l’enlèvement des étiquettes « made in China » sur les produits importés. De plus, des produits finis importés de Chine sont étiquetés « France ». Dans ces deux cas, il s’agit bien d’une dissimulation de la provenance pour tromper le consommateur. Cette impunité, certes courantes dans de nombreuses entreprises thiernoises, n’est pas acceptable au regard de la loi, très claire sur ce point.

    Au regard de la gravité de ces constatations, vous comprendrez, Monsieur le Préfet, que je vous alerte et vous sollicite pour faire procéder à un examen attentif des différents points que je vous ai soumis.

    Je vous prie de croire, Monsieur le Préfet, en l’expression de mes sentiments les meilleurs.



    André CHASSAIGNE

Pour en savoir plus : courrier d’André CHASSAIGNE

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