30-06-2006

Rapport Vallancien : rendons à César ce qui est à César !

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le rapport du professeur Vallancien, préconisant la « fermeture sans délai » des services de chirurgie de 113 « hôpitaux de proximité » qui réalisent moins de 2 000 opérations par an, ne fait pas dans la nuance.

Ainsi, cette observation pleine de délicatesse, et révélatrice de l’état d’esprit de l’auteur du rapport : « On accepte que ces hôpitaux poursuivent une activité chirurgicale à risque, alors que l’on refuserait immédiatement à un aéroport, un magasin ou une entreprise d’être ouvert dans de telles conditions d’insécurité ».
En fait, rien d’étonnant dans ces propos. A la fois professeur d’université et chef de service d’urologie, Guy Vallancien est en effet un fervent partisan de « l’hôpital-entreprise ».

Il a été associé à la préparation du « plan hôpital 2007 » dont on mesure déjà les conséquences avec la T2A (tarification à l’activité qui transforme l’acte chirurgical en marchandise). En bon libéral, il avait d’ailleurs annoncé la couleur dès l’arrivée de la droite au pouvoir : « Il n’y pas d’autre solution que d’abolir le statut public de l’hôpital pour lui permettre l’adaptation au monde moderne du management qui lui fait tant défaut », ajoutant même que : « la France pourrait avoir 15 à 20 % du chirurgiens en moins sans que cela nuise aux malades ».

Il faut aussi savoir que Guy Vallancien est le secrétaire général du Conseil national de la chirurgie créé par Douste-Blazy en 2004 et présidé par un député UMP qui avait déjà remis des rapports allant dans le même sens au ministre Mattei en 2003 et à l’Académie de médecine en septembre 2005.

Aussi, ne nous trompons pas de cible : l’auteur du rapport est certes un libéral de choc, mais il est surtout le porte-parole d’une volonté politique très fortement marquée à droite, et portée à l’Assemblée nationale par les députés UDF comme UMP, qui tapent à qui mieux mieux sur l’hôpital public… et protègent les cliniques privées. Une nouvelle « leçon de choses » du libéralisme… parmi bien d’autres !

Pour en savoir plus : courrier d’André Chassaigne au Directeur de l’ARH

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