Courrier envoyé aux maires et conseillers généraux de la cinquième circonscription du Puy-de-Dôme

02-05-2003

Le 6 mai prochain, les syndicats de la Banque de France manifestent à Paris

Courrier envoyé aux maires et conseillers généraux de la cinquième circonscription du Puy-de-Dôme

Monsieur le Maire,

Comme vous le savez, la Banque de France s’est engagée dans un grand projet de restructuration de ses services. L’essentiel de ses succursales dans les petites et moyennes villes sera fermé, remplacées par de simples bureaux. Il est ainsi prévu que la succursale de Thiers soit transformée dès 2004 en « bureau d’accueil et d’information ». Les fonctions de ce bureau seront limitées à l’accueil lié aux services rendus en matière de surendettement : la succursale ne remplira donc plus les fonctions économiques qu’elle assure aujourd’hui.

Ce désengagement de la puissance publique serait justifié par l’apparition de l’Euro. Ce qui est absurde puisque la politique monétaire n’a jamais été déterminée dans les succursales provinciales mais à Paris. L’apparition de l’Euro ne peut donc avoir des conséquences en terme d’organisation des services de province de la Banque de France ; les fonctions des succursales de la Banque de France restent celles qui étaient les leurs avant l’Euro.

Cette restructuration de la Banque de France pose de réels problèmes économiques. Ainsi, ces succursales remplissent aujourd’hui un service de cotation et de réalisation de diagnostics comptables auprès des entreprises. La réalisation de ce service nécessite un dialogue permanent entre la Banque de France et les entreprises et donc la présence de succursales dans les territoires. La disparition programmée de ces succursales risque d’entraîner un transfert au secteur privé de ces activités de conseil aux entreprises.

Ces compétences que remplissent aujourd’hui les succursales de la Banque de France montrent le rôle positif qu’elles peuvent tenir pour le développement économique local. Alors que nos territoires sont frappés par les difficultés économiques, n’avons-nous pas la responsabilité, en tant qu’élus locaux, d’essayer d’imaginer et d’encourager les moyens permettant un développement durable ?

Ainsi, la fermeture des succursales de la Banque de France n’est pas que la fermeture d’un service public supplémentaire. Elle signifie qu’une institution publique qui a les pouvoirs de favoriser ce développement local quitte nos territoires. Et l’abandonne sans que les perspectives économiques qu’une réorganisation de la Banque pouvait offrir à ce développement local soient effectivement ouvertes. Seule la Banque de France aurait les moyens de réorienter le crédit bancaire en faveur d’un développement de long terme qui ne soit pas inféodé aux diktats des marchés boursiers ; de mettre en place ces crédits en faveur de l’emploi en étroite collaboration avec les entreprises locales ; et de les aider à définir des stratégies économiques porteuses d’avenir, en lien avec les exigences locales et celles des représentants des salariés.

Si nous voulons sauver la succursale de Thiers, nous ne pouvons pas nous contenter de rejeter le projet de restructuration. Nous devons aussi avancer des propositions de réorganisation de la Banque de France et donc de développement de ses activités qui répondent à ces objectifs de développement maîtrisé et durable de nos territoires et démontrent que sa présence dans nos territoires est nécessaire.
Ce 6 mai prochain, les syndicats de la Banque de France manifestent à Paris, soutenus par de nombreux élus et associations d’élus. Je serai à leurs côtés pour représenter les intérêts des territoires ruraux de notre pays qui sont menacés par la restructuration programmée. Avec ce courrier, j’en appelle aussi au soutien des élus des arrondissements de Thiers et d’Ambert.

André CHASSAIGNE

Imprimer