12-09-2003

La rentrée sociale...

Article publié dans « La Gazette », du 11 septembre 2003, interview réalisée par Julien Bigay.

  • On parle d’une rentrée sociale tendue. Qu’en pensez-vous ?

Il n’y a pas de « rentrée ». Cet été, nous avons connu deux graves problèmes : sécheresse et canicule. Sur ce premier point, on assiste à une tromperie du gouvernement sur son implication pour apporter une aide agricole. Il promet 500 millions d’euros, alors que le coût de la sécheresse est de 4 milliards, soit le montant de la baisse d’impôts annoncée, qui ne profite qu’aux plus riches. Avec la canicule, on voit les effets d’années de réduction budgétaire et d’abandon de la santé. Il faut faire d’autres choix.

  • 500 emplois perdus depuis le début de l’année à Thiers, est-ce une fatalité ?

    Contrairement à l’argument avancé, les difficultés économiques ne sont pas liées aux 35 heures, même si elles ont compliqué la gestion dans les PME. Le problème fondamental est le système mondial de libération à outrance. Jean Jaurès, visionnaire, parlait de l’économie mondiale comme de « la liberté du renard libre dans le poulailler libre ». Il faut réfléchir à un système d’échanges entre pays qui soit fonction des intérêts des populations. Au niveau local, ne restons pas les bras croisés. J’ai proposé la mise en œuvre d’un contrat de site sur le bassin de Thiers pour trouver ensemble des réponses. C’est la responsabilité des élus locaux.

  • Quelle est votre position sur le dossier des retraites ?

    Le gouvernement et sa majorité affirment apporter une solution à l’équilibre financier du régime des retraites. Son projet a de graves conséquences sur le vécu de la population. Au débat idéologique, il faut substituer la réalité d’un travailleur en fin de vie, qui devra travailler plus, plus dur, pour une retraite moindre. Je déplore le refus de prendre en compte d’autre financement que celui des salariés, comme par exemple la taxation des revenus financiers.

  • La suppression d’un jour férié est-elle pour vous une mesure de solidarité collective ?

    On ne veut pas de questionnement de fond sur une réorganisation de notre société, alors on applique de vieilles recettes. Cette proposition est indécente au regard des revenus des grands patrons et des grosses fortunes.

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