16-06-2004

Hausse des prix et augmentation des salaires

Monsieur le Président, chers collègues,

Ma question s’adresse au Ministre de l’économie et des finances,

Monsieur le ministre, de plus en plus de Français dénoncent, à juste titre, la hausse des prix des produits de grande consommation. L’INSEE l’évalue à plus de 2,6% sur les douze derniers mois.

Au quotidien, les Français ressentent, eux, une dégradation bien plus importante de leur pouvoir d’achat.
Cette hausse des prix est pour l’essentiel due aux pratiques révoltantes de la grande distribution
. Comment accepter par exemple qu’aujourd’hui même, des tomates payées cinquante centimes d’euro au producteur soient vendues deux euros le kilo dans les rayons des grandes surfaces ?

Votre réponse consiste à demander gentiment aux grands patrons de baisser leurs prix et de cesser certaines de leurs pratiques les plus choquantes.

Plutôt que de vous attaquer franchement au cartel des centrales d’achat de la grande distribution et à leurs marges exorbitantes… vous confiez au renard la surveillance du poulailler !

Quant aux agriculteurs, comme les salariés et les dirigeants des petites entreprises, ils ont toutes les raisons de craindre que leur situation n’empire : ils savent bien que ce sont eux qui auront finalement à assumer cette baisse des prix.
En outre, cette baisse des prix ne répond pas au fond du problème. Si le pouvoir d’achat des Français baisse, c’est surtout parce que les salaires et les pensions sont bloqués. La part des salaires dans la valeur ajoutée est, en France, à un niveau historiquement bas. Et les mesures de rattrapage du SMIC horaire ne suffiront pas en l’absence de plan de relance général des salaires et des pensions.

Aussi, Monsieur le Ministre, deux questions.

  • Quelles mesures effectives comptez-vous prendre pour casser la domination de la grande distribution sur les agriculteurs et les PME ? 
  • Serez-vous capables de montrer la même détermination à augmenter les salaires et les pensions des Français qu’à privatiser nos services publics ?

M. Nicolas Sarkozy, ministre d’Etat, ministre de l’économie, des finances et de l’industrie - Vous avez raison

Un député UMP - C’est rare…

M. le Ministre d’Etat -…les prix des biens de grande consommation ont, depuis 1997, augmenté en France plus vite que l’inflation, et aussi plus fortement que dans les autres pays européens (Protestations sur les bancs du groupe des députés communistes et républicains et du groupe socialiste).

Je déplore donc que, fort de cet excellent constat, nos prédécesseurs n’aient pas réagi : il est bien de défendre les agriculteurs maintenant, mais, pendant cinq ans, vous n’auriez pas dû vous gêner ! (Même mouvement) Le système en vigueur est dommageable pour tous : pour le petit commerce, qui disparaît ; pour les agriculteurs, alors qu’aucune raison ne justifie que le prix de leurs productions soit fixé selon les mêmes critères que ceux qui valent pour les bouteilles de soda ; pour les Français, dont le pouvoir d’achat diminue. Il va sans dire que si de nouvelles règles ne sont pas établies de manière consensuelle, le Gouvernement proposera à la représentation nationale de les fixer par la voie législative.

S’agissant des salaires, de 2003 à 2005, le SMIC aura augmenté de 11,3 % - du jamais vu. Sachez, enfin, que ma détermination à réformer EDF et GDF est totale, car ne pas le faire serait faire preuve d’une grave irresponsabilité à l’égard des deux entreprises (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP).

Pour en savoir plus : Assemblée Nationale

P.-S.

Question au Gouvernement n° 1457 publiée au JO le : 17/06/2004
Réponse publiée au JO le : 17/06/2004

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