01-07-2005

Entreprise COUZON : demande d’entrevue au Ministère.

Monsieur le Ministre,

Je souhaite attirer votre attention sur la situation des entreprises COUZON et DUROL, situées sur ma circonscription, qui ont pour activité la fabrication et la commercialisation d’articles de coutellerie et arts de la table.

Après des mesures successives de restructuration et des centaines de suppressions d’emplois, ces deux sociétés n’employaient plus que 231 salariés dont 96 en production, répartis sur les deux sites de Courpière et Thiers. A la suite d’une délocalisation importante de la production en Chine, un tiers seulement des articles sont aujourd’hui réalisés en France.
La situation va s’aggraver, puisque le groupe va procéder dans les dix-huit mois prochains au licenciement d’une centaine de personnes sur les deux sites du groupe, les premiers licenciements étant prévus en septembre. A terme, le site de Thiers sera fermé. Seule l’entreprise COUZON conservera à Courpière une activité de logistique et de marketing, du conditionnement, et une production de petites séries.

J’ai alerté Monsieur le Préfet de Région dès le 17 mars, et je soulignais la non-intervention des services de répression des fraudes et les douanes alors qu’ils avaient été informés de l’enlèvement des étiquettes « made in China » sur les produits importés. De plus, des produits finis importés de Chine sont étiquetés « France ». Dans ces deux cas, il s’agit bien d’une dissimulation de la provenance pour tromper le consommateur. Cette impunité, certes courante dans certaines entreprises thiernoises, n’est pas acceptable au regard de la loi, très claire sur ce point.
Dans sa réponse, le Préfet soulignait « la très grande difficulté d’apporter la preuve dans ce genre d’affaires et plus particulièrement lorsque l’entreprise a sa propre production et importe également des produits de même nature pour lesquels l’origine française peut néanmoins être revendiquée en raison d’une fabrication substantielle dont ils auraient pu faire l’objet en France ».

Au regard des suppressions d’emploi nouvellement annoncées, et de la quasi disparition de la fabrication en France, je me permets d’insister une nouvelle fois sur l’étiquetage des produits de cette entreprise, et de la concurrence déloyale que de telles tricheries créent pour les entreprises produisant en France.
Or, les marques, les modèles et les outillages de l’entreprise COUZON sont gagés par Monsieur James HAN, investisseur américano-chinois, lequel exploite déjà quatre entreprises de coutellerie et arts de la table en Chine, et a repris, il y a dix-huit mois, la société BARENTHAL Orfèvrerie, à Baerenthal en Lorraine
.
Les salariés de cette coutellerie ont d’ailleurs alerté votre ministère, sur le plan de licenciement en cours, et sur l’appropriation d’une marque française reconnue pour ensuite être produite en Chine. Les 25 emplois qui seraient supprimés sur les 39, concernent toute la production. Ainsi, à l’avenir, les couverts fabriqués en Chine transiteraient par l’usine de Baerenthal pour être re-conditionnés de manière à faire croire à des articles « made in France », situation similaire à l’entreprise COUZON.
C’est pourquoi je vous sollicite afin que la situation de ces deux entreprises soit étudiée de façon commune, et qu’un audit soit lancé sur la régularité des opérations commerciales et financières concernant ces deux sociétés.

De plus, au regard de la situation particulièrement grave dans le domaine de l’emploi du bassin de Thiers et des difficultés à trouver un nouvel emploi, les salariés de COUZON sollicitent de l’Etat un abondement de leur prime de licenciement par l’apport d’une aide exceptionnelle.

Je souhaite que nous puissions nous échanger sur ces questions lors d’un rendez-vous au Ministère, que je souhaiterais courant juillet.

Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en l’expression de mes sentiments les meilleurs.


André CHASSAIGNE

Pour en savoir plus : compte-rendu du rendez-vous au Ministère

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