06-03-2008

Elections des 9 et 16 mars

Message d’un élu des champs aux citoyens des villes

Les sondages d’opinion soulignent régulièrement que le maire est la personnalité politique la plus appréciée des Français. Et « très largement » la plus appréciée… Cette reconnaissance conduirait-elle à uniformiser les politiques conduites par les uns et les autres au point de ne plus les différencier ?

La gestion d’un maire de gauche serait donc semblable à celle d’un maire de droite ? Et plus particulièrement, par une forme de banalisation de la gestion locale, la spécificité des élus communistes aurait-elle aussi disparu ?
« Le maire des champs » que je suis, élu d’une commune rurale de 531 habitants, a bien au contraire toujours été fasciné par la gestion de ses camarades communistes des grandes villes, maires ou conseillers généraux, en particulier dans ce que l’on a longtemps appelé « la banlieue rouge ».

C’est que par leur action sociale, par leur façon de répondre aux besoins des populations, ils ont été des pionniers dans de multiples domaines, gagnant les « lettres de noblesses » de ce que l’on appelle encore avec fierté « le communisme municipal ».

Intégrité et compétence, disponibilité et proximité, conduite de politiques sociales et culturelles, développement des loisirs et du sport, réponse aux besoins en logements, crèches, éducation, santé… c’est bien au fil des mandats, par des réalisations concrètes, que s’est forgée cette « marque de fabrique » des élus communistes et partenaires. Et elle est bien éloignée de la motivation de ces politiciens obsédés par leur réussite personnelle et la volonté de réduire la vie politique française à la domination de deux grands partis.

Mais, souvent, je dis aussi que notre marque de fabrique n’est pas gravée dans le marbre : toujours ancrée dans les préoccupations populaires, elle est aussi inscrite dans la modernité. Aussi a-t-elle pris depuis plusieurs années une dimension nouvelle avec la capacité d’innovation de nos élus.

C’est bien sûr que les enjeux ont évolué. Ils ont aussi pris aujourd’hui une acuité nouvelle dans des territoires frappés de plein fouet par la politique de casse sociale conduite par les gouvernements de droite et qui n’épargne pas les collectivités locales.

Il en est ainsi de la refondation d’une ville humaine, avec les défis d’une politique de logements à loyers maîtrisés pour répondre bien évidemment aux attentes des mals logés, mais en prenant davantage en compte le mieux-vivre de l’ensemble de la population, avec la présence de services publics de proximité, l’exigence de la mobilité avec le développement de transports collectifs, l’intégration des enjeux environnementaux.

Il en est aussi du parti-pris d’une , avec une attention particulière pour répondre aux difficultés des jeunes. La collectivitpolitique économique et sociale en faveur de l’emploié mobilise alors ses moyens pour contribuer à la réussite des projets de chacun, à l’opposé de l’ignoble « méritocratie » sarkozienne, qui consiste à aider quelques individus particulièrement méritants.

Et j’ai surtout en tête ce formidable défi du partage du pouvoir avec la création d’espaces de démocratie et de co-élaboration, pour que les politiques locales se « tricotent », se construisent collectivement. Déjà à l’avant-garde dans les communes et départements qu’ils gèrent, les élus communistes en font désormais une vraie marque de fabrique, multipliant les instances de démocratie participative, imaginant de nouveaux outils pour décider ensemble.

Et enfin, comment ne pas relever ce défi d’affliger à Sarko et son équipe un grand carton rouge. Dans mon village auvergnat, quand on donne une leçon, on parle d’un « petas bien placé ». Et bien, à la ville comme à la campagne, posons-lui « ce petas », c’est-à-dire un bout de chiffon rouge bien sûr… et « en pleine gueule » !

André CHASSAIGNE
Député - Maire de St-Amant-Roche-Savine
Président de l’Association Nationale des
Elus Communistes et Républicains

Pour en savoir plus : André Chassaigne

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