24-09-2007

Discours à la fête de l’Humanité

Exposé d’inauguration de l’espace des élus communistes et républicains (ANECR) à la Fête de l’Humanité,

par André CHASSAIGNE, son Président, le 14 septembre 2007 .

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Chers amis, chers camarades,

Je suis très heureux, et aussi touché, de vous accueillir aujourd’hui à la Fête de l’Humanité sur l’espace des élus communistes et républicains. Non seulement parce qu’il s’agit de ma première Fête de l’Humanité en tant président de l’ANECR après la disparition brutale de Bernard BIRSINGER, mais aussi et surtout parce que votre affluence aujourd’hui montre que, plus que jamais, les élus communistes et républicains sont présents dans le débat public, aux côtés des autres composantes du mouvement progressiste.

Je salue la présence à mes côtés de Marie-George BUFFET, secrétaire nationale du PCF, d’Alain BOCQUET, porte-parole des députés communistes et républicains, de Nicole BORVO, président du groupe communiste, républicain et citoyen au Sénat, ainsi que de Francis WURTZ, président du groupe GUE/NGL au Parlement européen. Je tiens aussi à saluer la présence ici de Jean-Claude SANDRIER, président du groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine à l’Assemblée nationale.

Le contexte politique - nous le connaissons - est celui d’une terrible offensive de la part des forces capitalistes et libérales, représentées à la tête du pouvoir par Nicolas SARKOZY et sa majorité. En effet, aucun chantier n’échappe à cette volonté de démanteler les acquis du Front populaire, de la Libération, de mai 1968 et des luttes menées depuis lors. Et pour faire accepter cette destruction de solidarités lentement mises en place pendant des décennies, le président de la république s’ingénie à un double jeu de dupes.

Tout d’abord, il s’évertue à monter les catégories sociales les unes contre les autres, accentuant un individualisme déjà important dans notre pays, laissant croire que Monsieur DURAND verra sa situation s’améliorer si Monsieur DUPONT voit la sienne se dégrader, minant les valeurs collectives qui font la cohésion de notre société. Cette comédie tragique n’est pas sans rappeler la « résistible ascension d’Arturo UI » de Bertold BRECHT…

Mais le metteur en scène SARKOZY est aussi un grand maître pour travestir sa politique, opérant un véritable hold-up sur un certain nombre de valeurs de gauche tandis qu’il applique sur le fond une politique on ne peut plus réactionnaire. Il va jusqu’à reprendre des symboles forts, tel celui de Guy MOQUET, gommant bien sûr le mot « communiste », l’engagement du résistant et le contexte historique. Il sera de notre responsabilité de donner le sens qui s’impose à cette commémoration.

Mais, nous le savons tous ici, cette politique n’a rien d’une rupture ! Bien au contraire, elle accentue la politique droitière que nous subissons depuis cinq ans. En témoignent les mauvais coups portés cet été. Et nous avons pu constater dans l’hémicycle à quel point la droite est arrogante et se croit autorisée toutes les audaces pour briser les acquis sociaux et faire reculer les solidarités.

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Face à cette offensive, il est urgent de riposter avec force. Mais pour pouvoir répondre coup par coup, il nous faut amorcer une véritable reconquête du terrain idéologique. Car Nicolas SARKOZY se place précisément sur le terrain des valeurs, valeurs sur lesquelles il cherche à obtenir l’adhésion de la société française. Or, c’est sur ce même terrain, qui nous est pourtant si naturel, que nous peinons à présenter un projet de société clair et rompant avec le capitalisme. Les forces de progrès apparaissent comme tétanisées après la chute du bloc soviétique et l’échec de la social-démocratie à changer vraiment la vie.

Dans ce cadre, beaucoup d’entre nous sont tentés de baisser les bras du fait de l’affaiblissement qui semble durable des forces progressistes. Mais ce recul idéologique n’a rien d’une fatalité. Ce projet de société, à nous, avec d’autres, de le reconstruire. En se fondant sur nos acquis, sur ce que nous sommes, il nous faut nous retrousser les manches et mener le débat d’idées dont la société a tant besoin. Cela concerne bien sûr les militants du PCF et des organisations politiques qui nous sont proches, mais cela nous concerne également, élus implantés dans les territoires de notre pays.

Par les propositions que nous portons, par le travail d’éclairage et d’espérance que nous menons auprès de la population, par la concrétisation des projets que nous mettons en œuvre, nous avons un rôle éminent à jouer dans l’élaboration d’une alternative au libéralisme. Nous avons réussi pendant toutes ces années à bâtir un lien de confiance avec les femmes et les hommes de nos quartiers et villages. Ce lien est une base essentielle à partir de laquelle les idées progressistes peuvent à nouveau se développer. Les collectivités constituent à cet égard autant d’espaces participant à l’élaboration d’une alternative pour demain.

Mais, pour cela, nous devons aussi retrouver le chemin du travail en commun, du partage de nos idées et de nos expériences. Trop souvent - je n’hésite pas à le dire - les élus ont tendance à se replier sur leur collectivité ou mandat parlementaire. Dans une situation politique et sociale aussi difficile, se replier sur son pré carré est une tentation tout à fait logique. Mais pour repartir à l’offensive, il est temps d’ouvrir portes et fenêtres, notamment en mutualisant nos idées. Car c’est par la bataille idéologique que nos élus ont gagné leurs mandats et qu’ils les gagneront à l’avenir. A ce titre, les élus ont toute leur place dans l’approfondissement du débat qui s’engage à gauche mais aussi dans les échanges qui préparent le congrès extraordinaire du PCF.

« Une élection chasse l’autre » puisque s’annoncent déjà les élections municipales et cantonales, lesquelles se dérouleront en mars 2008, soit dans à peine six mois de temps. Et ces échéances, chers camarades, chers amis, seront déterminantes. Aussi, il ne s’agit pas seulement de conserver nos positions, nos élus, mais également d’en conquérir de nouveaux. Le défi est énorme car il s’agit très largement de l’enracinement local des idées progressistes, communistes, républicaines qui est en jeu.

Le résultat mitigé des dernières élections pourraient nous rendre sceptiques sur nos chances en mars prochain. Mais n’oublions pas que les élections locales ne sont pas les élections nationales et que nous possédons des atouts importants du fait de notre travail de proximité. Partout où un travail de terrain est mené, nous gagnons en effet en suffrage et en élus. Je pense tout particulièrement à la conquête de la sixième circonscription de Seine-Maritime par Jean-Paul LECOQ, le maire de Gonfreville-l’Orcher, qui l’emporte au second tour face au candidat de la droite.

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Mais travailler avec la population implique également de construire avec elle des listes largement ouvertes, pour des objectifs partagés, en cherchant à représenter la diversité des citoyens que nous souhaitons représenter, qu’ils soient ou non membres d’une organisation politique.

Dans cette bataille des élections municipales et des cantonales, l’ANECR est très déterminée. Elle se veut, plus que jamais, un outil majeur au service des élus progressistes. C’est pourquoi, notre association a pris l’initiative d’organiser les 13 et 14 octobre prochains, à Montreuil, une grande rencontre nationale des élus et candidats aux élections de mars 2008.

L’objectif de cette rencontre est de mener une réflexion collective afin de discerner quels sont les axes de campagne les plus importants pour être en position de gagner lors des prochaines échéances. Le but est d’amener les élus et les candidats, et notamment les nouveaux parmi eux, à partager leur expérience afin de permettre un enrichissement réciproque. Nous devons tout particulièrement mettre sur la table, sans tabou, notre vécu et nos perspectives, mais aussi ce que GORKI appelait si bien « des trésors de possibilité, des talents endormis, des pensées originales ».

Ce travail de réflexion est indispensable pour que chacun se sente « décomplexé » - le terme est à la mode à droite : il devrait l’être à gauche ! -, « décomplexé » face à la soit disant complexité de la gestion publique. Comment, en un clin d’oeil, ne pas rappeler le mot d’ordre lancé par LENINE, suivant lequel « chaque cuisinière doit apprendre à gouverner l’Etat » !

Le vendredi 13 octobre, six ateliers, placés sous l’égide du CIDEFE, balaieront les principaux thèmes sur lesquels nos candidats doivent être à l’offensive, à savoir l’urgence sociale, le vivre ensemble dans les villes et les campagnes, l’aménagement et le développement durable, les moyens financiers et la fiscalité, la mondialisation et la construction européenne. Le sixième atelier, tout particulièrement destiné aux candidats aux cantonales, concernera l’avenir du département.

Je n’hésite donc pas à le dire : la participation à ces rencontres est un élément essentiel pour la réussite de tous. Pas un élu, pas un candidat ne devrait en toute logique manquer à l’appel !

L’ANECR coorganise également avec le PCF, les députés communistes et républicains à l’Assemblée nationale, ainsi que les sénateurs communistes, républicains et citoyens au Sénat un Forum national sur le développement durable, en contre-point au « Grenelle de l’environnement » organisé par le gouvernement en septembre-octobre.

Cet évènement verra se confronter, outre les militants, élus locaux et parlementaires communistes et républicains, un grand nombre d’invités, tels que les associations de défense de l’environnement, les syndicats, des scientifiques, etc… Cet événement est une première expérience de travail en commun qui devra se poursuivre afin de mutualiser au maximum les analyses et les expériences des uns et des autres.

Pour nous élus, ce forum, qui aura lieu les 23 et 24 novembre à l’Assemblée nationale, se situe dans le prolongement du travail engagé par la commission environnement de l’ANECR animée par Michel PASSET. Il sera en quelque sorte le second étage de la fusée amorcée ici même à l’espace des élus communistes et républicains, où un débat se déroulera dimanche à 14 heures en présence de Nathalie KOSKIUSKO-MORIZET, la secrétaire d’Etat à l’écologie, Cécile DUFLOT, la secrétaire nationale des Verts, et moi-même.

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Ce même espace des élus verra par ailleurs se dérouler toute une série de débats sur des sujets très variés, et notamment, pour le samedi, des débats sur la réforme des institutions, sur les perspectives après les mauvais coups de l’été, ou encore l’Europe des peuples et des services publics.

Chers amis, chers camarades, je déclare ouvert l’espace des élus communistes et républicains !

Pour en savoir plus : Site ANECR

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