26-09-2002

Dédé, c’est Peppone et Don Camillio réconciliés

Il dit : « Je crois en l’homme, en son pouvoir d’évolution et j’ai la certitude qu’il est possible d’agir sur le cours des choses  ». Il le dit et mieux, il le fait ! Ainsi donc André Chassaigne n’a pas seulement une moustache et une bonne dose d’humour, il a aussi des convictions et une réelle cohérence, denrée rare par les temps qui courent.

Il dit aussi : «  La fonction d’élu exige de la patience, l’écoute et le respect des autres et surtout un travail soutenu, la connaissance des dossiers et la volonté de dépasser l’activisme du bateleur de foire pour réfléchir, proposer et construire ». Des propos qui ne sont pas tombés dans les oreilles de sourds, notamment du côté de Saint-Amant-Roche-Savine où le grand Dédé, solide comme un chêne, occupe les fonctions de maire et de conseiller général depuis plus de 20 ans. Et en la matière, dans ce pays rude où l’on ne fait pas confiance au premier venu, où l’on doit faire ses preuves, son enracinement et le respect qu’il a su créer sont suffisamment étonnants pour être soulignés.

André Chassaigne c’est une véritable figure en ce sens qu’il a su -ses différents mandats le prouvent- brasser large, très large, rassembler au-delà des clivages, des croyances, des rivalités de clocher. Ensemble, tous ensemble ! pourrait être son credo. Il n’a pourtant jamais fait de concession quant à ses convictions profondes que sont la rigueur, l’attachement au bien public, le sens des valeurs républicaines, la laïcité. Seulement, il a su écouter pour mieux se faire entendre. Il ne le sait sans doute pas mais Dédé, c’est Peppone et Don Camillo réconciliés. C’est un humaniste non dogmatique, tout simplement un être précieux, une vraie chance pour l’avenir.

Car voilà un homme de gauche pour qui ce mot a encore un sens, communiste de surcroît et élu dans un pays où la notion de dieu n’est pas un concept vide. Pourtant, au départ, si peu de gens y croyaient ! Mais dans ce pays du Livradois-Forez, on sait ce qui est bon parce que l’on sait ce qui est vrai, parce que la terre est basse ou trop pentue, parce que sa vie, il faut la gagner, parce que les jours se suivent et se ressemblent, ce qui, pour un chômeur n’améliore en rien son quotidien. Et ici l’on sait reconnaître les hommes pour ce qu’ils sont. Seulement pour ce qu’ils sont. Non pas pour ce qu’ils disent ou promettent. Le hasard n’existe pas, il n’y a pas de fatalité. Voilà pourquoi, au pays d’Alexandre-Vialatte -un auteur qu’il connaît bien- André Chassaigne est grand !

Par Toussaint Chabrol

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