15-02-2008

Budget de l’Hôpital d’Ambert

Monsieur François DUMUIS
Directeur de l’Agence Régionale d’Hospitalisation
Centre Beaulieu - 21, bd Berthelot
63407 CHAMALIERES CEDEX

Monsieur le Directeur,

Je souhaite attirer votre attention sur les difficultés prévisibles qu’entraînera la généralisation de la tarification à l’activité pour les hôpitaux, notamment pour les établissements de proximité.

Cette orientation majeure, votée au Parlement, à l’occasion du débat sur le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale 2008, ne manquera pas d’amplifier les contraintes budgétaires auxquelles les centres hospitaliers doivent faire face depuis de longues années. En effet, depuis la mise en œuvre du plan Hôpital 2007, l’application graduelle de cette tarification a déjà fortement pénalisé la capacité budgétaire des hôpitaux de proximité.

Ainsi, pour ne prendre que l’exemple de l’hôpital d’Ambert, les recettes versées à cet établissement par l’assurance maladie, au titre du budget principal, ont évolué de 12 450 000 euros pour l’année 2004 à 11 583 380 euros pour l’année 2006, soit une baisse de 7%. A l’occasion de la présentation de l’Etat Prévisionnel des Recettes et des Dépenses, cette situation a d’ailleurs conduit le directeur de l’établissement à présenter au Conseil d’Administration un rapport prévisionnel « dépenses/recettes » pour 2006 en déficit de 818 591 euros.

Cette soustraction de crédits a obligé l’établissement à réorganiser l’ensemble des services avec comme conséquence principale une moindre qualité des soins. Alors que le manque de moyens, notamment en personnel soignant, affectait déjà cet hôpital, tout le monde reconnaît que la tarification à l’activité a aggravé les déséquilibres budgétaires. Dans ces conditions, il est malheureusement prévisible que la tarification à l’activité à 100% amplifiera les difficultés budgétaires du centre hospitalier ambertois.

En généralisant les critères de gestion d’une entreprise privée, cette décision aura de graves conséquences pour de nombreux établissements qui seront, désormais, dans l’incapacité d’assurer la qualité des soins.

Dans le cadre de cette décision, l’ Agence Régionale de l’Hospitalisation a anticipé, pour les cinq prochaines années, les recettes prévisibles qui pourraient être affectées à l’ensemble des centres hospitaliers auvergnats. Or, selon ces prévisions alarmantes, l’hôpital d’Ambert serait surdoté ! Les perspectives liées à un tel constat soulèvent l’inquiétude des élus et des usagers. Ces derniers étant encore sous le coup de la fermeture de la maternité, tandis que pèse toujours sur leur tête l’épée de Damoclès qu’est le rapport Vallancien, condamnant le bloc opératoire.

En conséquence, je souhaiterais avoir des informations plus précises quant à l’évolution future de la politique de santé à l’échelle régionale, et plus particulièrement en ce qui concerne les deux centres hospitaliers de Thiers et Ambert. Sachant que votre prise de fonction au sein de l’agence auvergnate est récente, je vous suggère l’organisation d’une prochaine rencontre. Ainsi, si vous en êtes d’accord, nous pourrions inviter nos secrétariats respectifs à se rapprocher pour en fixer les modalités pratiques.

Avec mes remerciements anticipés pour votre disponibilité, je vous prie de croire, Monsieur le Directeur, en l’expression de mes sentiments les meilleurs.

André CHASSAIGNE

Pour en savoir plus : Eric

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