09-12-2003

Bassin de Thiers : courrier au Préfet de Région

Monsieur le Préfet,

La situation économique dans le bassin d’emploi de Thiers, vous le savez, est grave. Je vous ai interpellé à de très nombreuses reprises, demandant au gouvernement une intervention urgente des pouvoirs publics sur le bassin de Thiers. Malgré ces demandes, notamment celle, pourtant consensuelle, d’un contrat de site, aucun moyen financier d’Etat n’est proposé pour remédier à la situation.

Vous avez bien voulu relayer, avec Monsieur Pierrat, Sous-Préfet de Thiers, ma demande de contrat de site. Les tables rondes qui se déroulent en sous-préfecture depuis le 4 juillet initient une démarche constructive ; elles ont permis, dans un premier temps, d’obtenir un financement du Conseil Général du Puy-de-Dôme et du Conseil Régional d’Auvergne pour un diagnostic territorial.

Bien entendu, nous ne pouvons nous contenter, au regard de la gravité de la situation, des démarches entreprises. Dans le cadre actuel, les politiques proposées (notamment les allégements de cotisations sociales ou la proposition du Conseil Régional d’instituer une zone franche) ne régleront évidemment pas le problème. Mais elles peuvent constituer un premier pas permettant une mobilisation de tous les acteurs économiques de la Région au service de l’emploi et de la formation.

J’ai proposé d’autre part que les représentants des salariés, les organismes bancaires, et la grande distribution soient associés à la réflexion entreprise sur le bassin thiernois. C’est seulement en prenant conscience de l’ensemble des mécanismes qui conduisent les entreprises à licencier que nous pourrons tenter de faire valoir des propositions alternatives. J’ai aussi demandé qu’un moratoire sur les licenciements soit décrété sur le bassin de Thiers : il me paraît en effet vraiment urgent de tout entreprendre, et notamment de débloquer des aides transitoires aux petites entreprises de la région, afin de stopper l’hémorragie d’emplois sur le bassin.

Il paraît également opportun de réfléchir à des dispositifs que pourrait porter, notamment le Conseil Régional d’Auvergne, qui permettent de mobiliser le secteur bancaire pour la défense et le développement économique du bassin. Cette proposition que nous défendons depuis de longues années dans toutes les assemblées où nous siégeons, doit enfin se concrétiser.


Je souhaite vous interpeller plus précisément sur la délocalisation des machines de DAPTA. Nous ne pouvons qu’être scandalisés de constater que cette entreprise, après avoir été financièrement soutenue sur le site de Thiers, compte transférer aujourd’hui une partie de son activité à Cusset, pour bénéficier des aides de l’Etat, mises en place en accompagnement de la restructuration de GIAT Industrie… et dans le cadre d’un contrat de site !


Après avoir été alerté par les représentants du personnel qui m’ont transmis copies des documents remis par EURODEC au CE de DAPTA, j’ai également pris connaissance avec consternation du courrier qui a été distribué au personnel, dont je vous joins copie.

Je souhaite que vous puissiez m’apporter des précisions sur les financements publics de l’Etat et des diverses collectivités qui ont pu être accordés à cette entreprise par le passé. Il semblerait que ce projet de transfert sur Cusset soit concomitant non seulement avec des aides liées à la restructuration de GIAT Industries, mais aussi avec la fin de l’exonération de taxe professionnelle dont a bénéficié DAPTA sur Thiers pendant 5 ans. Ce seul exemple montre combien est pertinente la récente proposition du Groupe Communiste au Conseil Régional d’Auvergne, d’une commission de contrôle de l’utilisation des fonds publics. Elle mérite, je crois, que vous y accordiez toute l’attention nécessaire.


Je vous prie de croire, Monsieur le Préfet, en l’assurance de ma plus haute considération.

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