14-02-2008

Avenir de l’enseignement agricole public

A propos de l’avenir de l’enseignement agricole public, une question d’André Chassaigne à Monsieur le Ministre de l’Agriculture et de la Pêche.

Par une note de service en date du 21 septembre 2007, ont été tracées les grandes orientations pour l’enseignement agricole pour la rentrée scolaire 2008 et les cinq années à venir. Les personnels de l’enseignement agricole et l’ensemble des organisations syndicales représentatives vous ont fait part de leur profond désaccord quant aux orientations envisagées, et ont mené depuis la rentrée 2007 différentes actions pour porter leurs revendications.

En effet, la baisse de 3 % par an sur cinq ans de la dotation globale horaire, la volonté affichée de regrouper, voire de fermer les classes à faible effectif, la recherche d’économies d’échelle en favorisant les rapprochements entre formations et établissements, ne peuvent que laisser craindre une profonde remise en cause de la place occupée par l’enseignement agricole jusqu’à aujourd’hui.

De plus, la crainte d’une privatisation progressive de l’enseignement agricole public se fait de plus en plus pesante.

Par ailleurs, la mise en place du Bac Professionnel en trois ans se substituant à un parcours de quatre années semble être repoussée à la rentrée 2009. Pour autant de vives inquiétudes subsistent quant à l’efficacité et à l’intérêt pour les apprenants d’une telle refonte du parcours de formation actuel.

En conséquence, André Chassaigne interroge Monsieur le Ministre sur les réponses concrètes qu’il envisage de donner aux attentes et revendications légitimes des personnels, des apprenants et de leurs familles.
Comment l’offre de formation actuelle, diversifiée et jugée adaptée et performante pour répondre aux besoins du monde rural, pourra t-elle être garantie sur l’ensemble du territoire avec des ressources financières et humaines durablement revues à la baisse ?
Enfin, il souhaiterait connaître la position du ministre quant à un retrait de la note de service du 21 septembre 2008 et le lancement d’une véritable concertation entre les différents partenaires pour envisager l’avenir de l’enseignement agricole et de l’enseignement agricole public en particulier.


Réponse du ministre du 06/05/08 : 

L’enseignement agricole est reconnu tant pour l’efficacité de sa pédagogie, pour la réussite de ses élèves aux examens de tous niveaux et pour ses résultats en matière d’insertion professionnelle, que pour sa capacité à innover et à s’adapter aux mutations de l’agriculture et du monde rural et aux attentes de notre société. Il est essentiel pour la conduite des politiques qui sont placées sous la responsabilité du ministère de l’agriculture et de la pêche.

Il s’agit de le faire évoluer en réaffirmant ses missions et ses priorités. L’enseignement agricole a su répondre aux attentes sociétales : le développement de la filière de production en agriculture biologique, la réduction des traitements phytosanitaires, l’accroissement des pratiques durables sont autant d’enjeux relevés lors du Grenelle de l’environnement.

Leur prise en compte dans les processus de rénovation des diplômes de l’enseignement agricole ne fait aucun doute. À titre d’exemple, les certifications de l’enseignement technique du secteur aménagement sont actuellement entièrement rénovées au regard de ces préoccupations, pour une mise en œuvre dès la rentrée 2009.

L’année 2008 sera une année de changements dans un contexte marqué par l’effort collectif d’optimisation des moyens de l’État pour réduire les déficits publics. C’est dans cette perspective que s’inscrit le budget de l’enseignement agricole qui a été adopté par le Parlement.

Ce budget, qui prévoit le non-remplacement de fonctionnaires partant à la retraite dans la même proportion qu’au ministère de l’éducation nationale, est à ce titre préservé par rapport aux autres secteurs du ministère de l’agriculture et de la pêche.

Il permet de maintenir la qualité de l’enseignement dispensé dans nos établissements, et d’accomplir un effort particulier en faveur de la vie scolaire, de la formation des enseignants et de l’accueil des élèves handicapés considérés comme prioritaires au ministère de l’agriculture et de la pêche.

Le ministère de l’agriculture et de la pêche a bien entendu les inquiétudes exprimées par les syndicats de l’enseignement agricole et les associations des parents d’élèves devant les instructions données aux directeurs régionaux de l’agriculture et de la forêt (DRAF) pour l’organisation des prochaines rentrées scolaires.

Les indications pluriannuelles figurant dans la circulaire du mois de septembre dernier ne constituaient que des tendances qui pourront être adaptées, région par région, en fonction des besoins locaux et des moyens qui pourront être dégagés. Il est donc demandé aux DRAF de répartir les moyens de leur région en tenant compte des priorités définies, mais en veillant aussi à ce que l’offre de formation soit harmonisée avec celle des régions voisines et celle de l’éducation nationale, et avec le souci de limiter au minimum les fermetures de classes, dès lors que leur nombre d’élèves est suffisant.

Pour en savoir plus : Julien

P.-S.

Question n° 19048 publiée au JO du 18/03/08
Réponse publiée au JO du 06/05/08

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