Je limiterai exceptionnellement ce message traditionnel de début d’année à la situation internationale et aux valeurs de solidarité et de partage.
En saluant tout d’abord la formidable solidarité populaire qui s’est développée après le terrible raz de marée qui a frappé les populations d’Asie du Sud-Est. Au-delà du choc émotionnel, cette mobilisation est porteuse d’espoir : elle est à l’opposé de l’idéologie du gagneur, du chacun pour soi, de la concurrence exacerbée entre les individus et entre les territoires, et de la marchandisation du monde inscrite en particulier dans le projet de Constitution européenne. J’émets le vœu que ces valeurs de partage l’emportent durablement sur les égoïsmes et que des mobilisations populaires aussi puissantes puissent changer les politiques mondiales. En effet, tout en poursuivant la solidarité immédiate, liée à la catastrophe, n’oublions pas que les populations concernées sont parmi les plus pauvres du monde : il est grand temps d’imposer à l’échelle de la planète une véritable politique de développement de toute l’humanité, fondée sur une solidarité durable des plus riches envers les peuples les plus en difficultés.
Pour cela, j’émets notamment le vœu que soit annulée la dette des pays pauvres. Et qu’une taxation de la capitalisation boursière permette enfin d’assurer l’accès à l’eau potable, à l’alimentation, à l’école, à la santé pour les deux milliards d’individus qui en sont privés aujourd’hui.
Bien sûr, comme chacun d’entre vous, j’aurais pu formuler beaucoup d’autres vœux plus ciblés et de proximité, liés au quotidien des habitants de notre pays. Pour cela, le seul souhait que j’exprimerai, c’est que nous puissions développer des actions collectives, sous des formes multiples, pour apporter et construire ensemble des réponses durant cette année 2005, que je souhaite à tous heureuse et bénéfique.