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Absentéisme des parlementaires à l’Assemblée Nationale ?

lundi 31 mars 2003



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Par rapport à la question de l’absentéisme des parlementaires à L’assemblée Nationale, je crois, après quelques mois d’expérience, pouvoir apporter quelques explications.

Tout d’abord cet absentéisme est à relativiser. En effet une grande partie du travail parlementaire ne s’effectue pas dans l’hémicycle. Des commissions permanentes (la commission des affaires économiques par exemple) se réunissent fréquemment pour analyser plus profondément les projets de loi et discuter des amendements à déposer. Mais il existe aussi des commissions d’enquête (je suis membre, par exemple, de la commission d’enquête sur la présence du loup en France). A côté de ces commissions, les députés peuvent créer des groupes d’étude spécifiques avec certains de leurs collègues pour réfléchir à divers problèmes spécifiques. Je cherche actuellement, par exemple, à créer un groupe d’étude sur la coutellerie et les arts de la table pour essayer de trouver une réponse commune aux difficultés de la coutellerie. Tout ceci présente une réelle charge de travail.

Cet absentéisme s’explique aussi par la façon dont les groupes politiques organisent et se répartissent le travail parlementaire. Lorsqu’un projet de loi est mis en discussion, un (dans les petits groupes comme le mien) ou plusieurs députés sont chargés de défendre la position du groupe parlementaire pour le projet de loi. Les autres députés de ce groupe n’assistent pas aux réunions des commissions et aux débats en séance sur un texte qu’ils n’ont pas eu le temps d’étudier.

Ils pourraient évidemment faire de la présence, mais cela n’apporterait pas grand-chose à la richesse (ou la pauvreté) du débat parlementaire. Par exemple a été discuté récemment en séance le projet de loi sur les risques industriels. Bien que discuté au sein de la commission des affaires économiques dont je suis membre, je n’ai pas participé aux débats ; mon groupe parlementaire a confié la défense de nos positions à un député du Havre, mieux au fait de cette question vu la forte présence d’industries chimiques dans sa circonscription. Pendant ce temps je travaillais sur les questions de décentralisation.

L’absentéisme serait enfin moins élevé si les élus cumulaient moins de charges électives. Je ne suis moi-même pas blanc sur cette question. C’est d’ailleurs pour cette raison que je ne solliciterai pas l’année prochaine le renouvellement de mon mandat de conseiller général. Enfin le mode de scrutin majoritaire a aussi des effets pervers. Etant élus de circonscriptions, nous sommes obligés d’être présents sur le terrain pour être à l’écoute des citoyens, relayer leurs requêtes à Paris ou essayer de trouver des solutions à leurs problèmes. Nous sommes en effet extrêmement sollicités. Cet ancrage territorial serait sûrement moins important si nous étions élus à la proportionnelle. Notre travail serait alors concentré à Paris et les citoyens solliciteraient davantage leur maire ou leur conseiller général que leur député.

Pour essayer d’atténuer l’incompréhension et la distance existant entre les élus et les citoyens, j’ai cru bon de constituer un conseil de circonscription. Il pourra regrouper tous les citoyens habitant les arrondissements de Thiers et d’Ambert souhaitant y participer. Ce conseil de circonscription me permettra, dans une démarche de démocratie participative, de défendre à l’Assemblée, sur certains sujets, les positions exprimées directement par les électeurs lors de la tenue de ces conseils de circonscription. Je suis en effet convaincu que les élus ne garderont de légitimité démocratique qu’en consultant de façon permanente les citoyens et en se faisant, dans les lieux de pouvoir, les relais de leurs exigences.

Le conseil de circonscription se met ainsi peu à peu en place. Il discutera notamment des questions de ruralité, afin de préparer mes interventions à l’Assemblée lorsque sera discuté le texte du gouvernement sur ce sujet.

André Chassaigne

Pour en savoir plus : André Chassaigne

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